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Lagarde Viaur d’hier

et d’aujourd’hui

Présentation du village 

Entre Rouergue et Albigeois, le village-forteresse de Lagarde Viaur (Commune de Montirat) a su préserver au fil des siècles les vestiges de sa riche histoire et toute son harmonie architecturale. Croisade contre les Albigeois, rôle de poste frontière avec le territoire anglais, système défensif du village, ses métiers, sa vie ou bien encore les vicissitudes du père d’Honoré de Balzac, voici ce que nous vous proposons de découvrir en visitant Lagarde Viaur.

Un peu d’histoire… 

Site protecteur et protégé par la rivière, La Garde Viaur érigé le long d’une voie romaine, joue dès 1360, le rôle de poste frontière (« La Garde du Viaur ») et entretient durant plusieurs siècles entre ses puissants remparts une garnison de soldats.

Soupçonné d’être un fief cathare, le site primitif fut assailli à trois reprises (1211, 1212 et 1215) par les Croisés de Simon de Monfort qui finirent par détruire complètement le bourg.

Bâti à l’origine au sommet de la colline au lieu-dit « La Tourette », il ne reste que quelques rares vestiges du village initial.

La légende raconte que le village actuel fut reconstruit aussitôt avec les mêmes matériaux là où s’arrêtèrent de rouler les pierres.

En 1260, l’Inquisition confisque la place forte au profit de l’évêque Durand, seigneur-évêque d’Albi à Ozils de Morlhon, seigneur de La Garde, qui se voit son épouse et lui accusés et condamnés pour hérésie cathare.

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Confirmé par le roi Philippe le Hardi en février 1282, l’évêque d’Albi sera seigneur temporel de la cité jusqu’en 1572, date à laquelle le cardinal Strozzi vendra les seigneuries de Lagarde Viaur et de Montirat à Guillaume de Ginestel, riche marchand du village.

Confisqué vers 1610 par la famille Du Maine auprès de qui De Ginestel s’était endetté, Lagarde Viaur sera une fois encore vendue vers 1645, cette fois au seigneur de Trévien, Bernard de Castelpers.

Charles de Castelpers, son fils, revendra le 8 décembre 1663 à Gaspard de Daillon du Lude, seigneur-évêque d’Albi, les deux seigneuries. L’évêque d’Albi portera toujours le titre de seigneur et même de baron de Lagarde Viaur comme on peut le lire dans ses testaments datés des 07 octobre et 17 novembre 1675.

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Le système judiciaire de Lagarde Viaur et le père de Balzac 

Le village était le siège d’une viguérie et la résidence d’un viguier (le viguier était l’avocat du Roi ou du seigneur) qui y rendait la justice au nom du seigneur-évêque d’Albi. La juridiction s’étendait sur l’ensemble de la communauté de Montirat, mais débordait également en Rouergue.

Cela fit vivre Lagarde Viaur jusqu’à la fin du 18ème siècle en effet, le viguier qui avait fonction de juge, n’était pas le seul membre de la cour judicaire de Lagarde Viaur. On trouvait également un procureur juridictionnel, un greffier, plusieurs avocats, un sergent, deux ou trois huissiers.

De par son rôle judiciaire important, le village comptait également de nombreux notaires.

La maison devant vous était l’ancienne maréchaussée (gendarmerie). En plus des casernes, se trouvaient côté Viaur les écuries dont on distingue encore les arches dans les murs. Dans les sous-sols se trouvaient également les prisons. En 1766, le père d’Honoré de Balzac, Bernard-François Balssa y fut emprisonné après avoir été jugé par le viguier pour avoir séduit et mise enceinte, Marianne Mouychoux. Après un arrangement à l’amiable avec celle-ci, il s’exila rapidement. Plus près de nous, cette maison servit également de café où l’on venait danser au son des accordéons…

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La garnison du château  Jouant pleinement son rôle de protection, le village possédait un système de défense complet et ingénieuxDe puissants remparts ponctués de tours de défense encerclaient la cité et passaient dans le clocher fortifié complètement intégré au système défensif. Dès l’entrée du bourg, les casernes se partageaient la protection des lieux avec les portes fortifiées à proximité desquelles se tenait un contingent de soldats. Lagarde-Viaur possédait deux portes majeures : La Porte Haute et la Porte Basse ainsi que plusieurs autres portes secondaires.  En 1433, en pleine guerre de Cent Ans, le castillan Rodrigue de Villandrando à la tête de 10.000 mercenaires sanguinaires d’origine anglaise et écossaise, s’emparent du château de Lagarde-Viaur qu’ils restituent après le paiement d’une rançon très importante. En 1570, Lagarde-Viaur possède une garnison de trente hommes d’armes commandée par le capitaine de Roquefeuil de la Salle. 

En 1581, lors des guerres de Religion, les protestants s’emparent de la ville et le capitaine catholique
La Valette de Cornusson au nom du seigneur-évêque d’Albi Julien de Médicis, vient y mettre le siège, la reprenant et passant au fil de l’épée tous ses défenseurs.

En 1595, Montirat et Lagarde-Viaur reçoivent une garnison royaliste.

À la suite de la révocation de l’Edit de Nantes et des Dragonnades, les calvinistes firent divers mouvements dans le pays, et, entre 1690 et 1693, il y eut une véritable alarme dans la vallée du Viaur, ainsi que le prouvent des lettres des consuls de Lagarde-Viaur et de Monestiés.

La voie romaine 

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Ce petit chemin qui traverse le village est l’ancienne voie romaine « Tolosa » (Toulouse-Rodez-Lyon), qui avait une déviation par Lagarde Viaur, Saint Christophe, Cordes-sur-Ciel. Construit afin de protéger les habitants, les voyageurs et les pèlerins, le village assumait pleinement sa fonction de sentinelle et garde du Viaur. 

Dès 1360, le Viaur servant de frontière entre la France et l’Angleterre, les rives se couvrent de châteaux forts et villages fortifiés : Tanus, Thuriès (Pampelonne), Mirandol Le Vieux, Le Tel (Jouqueviel), Les Infournats, La Garde-Viaur, Montirat, Saint Christophe, Saint Martin Laguépie… Le village s’organisait en deux quartiers entourés de remparts et fermés par deux portes fortifiées importantes : la Porte Haute et la Porte BasseLagarde Viaur comprend dans sa partie plane le quartier de la Tribare (du romain Tribe : carrefour) où vous vous trouvez et celui du Barri (nom occitan qui désigne les remparts). La place de la Tribare qui se trouvait hors les murs d’enceinte est le centre du bourg et c’est ici que se déroulaient les foires très fréquentées le 23 janvier, le 11 juin et le 21 octobre. De nos jours, tous les villageois continuent de s’y retrouver lors des repas qui clôturent les différentes animations. 

Le clocher fortifié 

 Le Clocher fortifié de Lagarde Viaur

De 25 mètres de haut, le clocher-tour fortifié fut très certainement érigé dès le début de la construction du village en tant que tour de guet.  Le rempart de la ville venait d’ailleurs s’encastrer dans le clocher et ressortait de l’autre côté. La tour était percée par de rares baies en plein cintre situées au sommet. 

Celles-ci étaient en temps de guerre camouflées derrière un hourd de bois (ou amban) que l’on construisait tout autour du clocher sur les consoles de pierre que vous apercevez tout autour (voir illustration). De là, les soldats pouvaient tirer depuis des persiennes qu’ils refermaient aussitôt.  La tour, composée de plusieurs étages, fut percée au fil des siècles d’orifices servant aux arcs, arbalètes et autres armes en vigueur à l’époque.  Depuis quelques années, le clocher est éclairé grâce aux actions de l’association « Vivre à Lagarde Viaur » donnant, la nuit venue, vie et beauté à tout le village. 

 L’église 

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Dédiée à saint Thomas de Cantorbery depuis la destruction par les Huguenots de la fontaine sacrée du même nom au bas du village, elle comprend une nef à trois travées voûtées en croisées d’ogives, un chevet plat et six chapelles : sainte Germaine, du rosaire, saint Jean-Baptiste, Notre Dame de la Pitié, de la Résurrection et saint Antoine. 

L’église fut construite en plusieurs étapes. Seule la chapelle à gauche en entrant remonte à la première moitié du XIIIème siècle et porte sculptées sur la clé de voûte les armes de Morlhon, seigneur de Lagarde Viaur jusqu’en 1260. Cette chapelle fut modifiée en 1621 par Antoine du Maine qui la fit dédicacer à saint Antoine. A voir également dans la chapelle, les visages sculptés sur les culs-de-lampe. Nouveau seigneur de Lagarde Viaur en 1663, Gaspard de Daillon du Lude, évêque d’Albi (1635-1676) fait refaire les voûtes de l’église où apparaissent ses initiales et ses armoiries. Il ordonne très certainement la construction du retable en bois doré ainsi que les peintures qui l’ornent. On y voit, deux grandes colonnes torses avec feuillages sur tiges grimpantes et les statuettes en bois de Notre Dame, de saint Thomas de Cantorbéry, patron de la paroisse et de saint Sébastien. 

Dans la nef, les peintures réalisées par Bernard Bosia en 1828 représentent, à l’ouest le Jugement dernier et sur les côtés, les douze apôtres. Dans une ancienne sacristie, le «trésor» de l’église, une croix reliquaire en argent repoussé du XVIème siècle ornée d’une vierge à l’enfant et d’un Christ,  A l’intérieur de l’église, se trouvent enterrés les moines qui vivaient autrefois à l’ermitage saint Joseph à quelques kilomètres du village. 

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Les croix du village 

Lagarde Viaur possède 4 croix qui ont toutes des emplacements et des destinations très précis.

Place de la Tribare.

Cette croix latine montée sur un très haut socle de pierre est certainement fort ancienne. Placée à l’angle du carrefour de la voie romaine et des routes qui arrivaient et qui contournaient le bourg, elle servait de borne aux voyageurs et pèlerins en marquant le point de passage pour accéder au village. Surplombant la place centrale et la cité, elle protégeait les habitants, les marchands mais aussi les objets et animaux vendus là.

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Route de Mirandol 

Cette belle croix de pierre marque la fin du village. Elle possède un secret utilisé jusqu’au milieu du XXème siècle : ses bras sont mobiles. Lors de grands orages, de maladies (comme la peste que l’on redoutait), ou d’invasions, on tournait les croisillons en direction du mal à conjurer en priant que le malheur n’advienne pas.

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Place de l’église 

Erigée en 1820, cette croix de fonte arbore un magnifique travail de ferronnerie

Site de la fontaine saint Thomas 

La croix de fonte marque l’emplacement d’un lieu saint, la fontaine saint Thomas. Durant des siècles, des croyants sont venus en pèlerinage à la fontaine et à l’oratoire détruit par les protestants vers 1570.

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1 commentaire à “Lagarde Viaur -Histoire”


  1. 0 gazel 10 déc 2011 à 17:05

    bonjour, avez-vous des infos sur l’histoire de La Marseillerie c’est à dire du moulin à scie situé à Lagarde Viaur ? J’en suis propriétaire depuis 15 ans et ne trouve aucune info sur l’origine de ce bâtiment en vue d’une restauration. D’avance merci. Christophe GAZEL

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Lagarde Viaur 1211 – 2015

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Clocher fortifié de Lagarde Viaur de nuit

Clocher fortifié de Lagarde Viaur de nuit

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Le Viaur ©Coll Cocchus

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